Histoire
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Le 11 mai 1879 , le premier train de chemin de fer St Nazaire-le Croisic s'arrête à La Bôle, un lieu-dit quasiment désert, au milieu de dunes plantées de pins. La gare se trouve là, près d'une caserne de douanes, plutôt une cahute d'ailleurs, pour desservir le village d'Escoublac, à l'écart entre Pornichet, Guérande et Le Pouliguen, reliés directement à cette ligne.
ENSEVELISSEMENT D'ESCOUBLAC
Sous la Restauration, la menace persistante du sable qui progressait inexorablement vers l'intérieur amena les Pouvoirs Publics à encourager la plantation des dunes. Ils les concédèrent successivement à diverses sociétés chargées d'assurer cette mission, étant entendu que ces dernières en deviendraient propriétaires en cas de réussite. Le travail à accomplir était considérable: fixer à l'aide de résineux 700 hectares de dunes constituant la flèche littorale reliant les anciennes îles du Croisic, Batz et Le Pouliguen, au plateau guérandais. Il fut réalisé, pour la partie occidentale par la Société Benoit qui a donné ce nom à ce quartier de La Baule, et pour le reste par la Société des Dunes, animée par un homme d'affaires nantais, M. Berthault. De la conjoncture de ces plantations et de la création de la gare de chemin de fer va naître la Station Balnéaire de La Baule. LA NAISSANCE DE LA BAULE (1879-1914)
Jusqu'en 1879, la commune d'Escoublac est peu touchée
par le phénomène touristique, apparu dès
1830 au Croisic. Seules les franges du grand ensemble sablonneux
connaissent un debut d'urbanisation, lié au développement
des stations voisines: Le Pouliguen - pour le quartier Benoit
- et le Vieux Pornichet, lointain hameau de Saint-Nazaire qui
ne tardera pas à prendre son autonomie avec son satellite
escoublacais: Pornichet-Les pins. Aussi, deux Parisiens, Messieurs
Hennecart et Darlu, représentant la société
chargée de la construction de la voie de chemin de fer,
sont-ils frappés par l'intérêt exceptionnel
que représente le site de la gare d'Escoublac, au cœur
d'une forêt de 700 hectares de pins maritimes, directement
riveraine d'une baie de 8 kms de long, à la courbe harmonieuse.
lls décident d'acheter une quarantaine d'hectares de dunes
de La Bôle et de créer une société
avec le concours d'entrepreneurs et de commerçants guérandais,
pour la réalisation de toutes pièces d'une station
balnéaire.
Entre ces deux noyaux urbains, tout un vaste espace boisé demeure sans constructions jusqu'au moment où la Société des Dunes le cède en 1895 à la Société des Instituts Marins fondée par la famille Pavie, de Paris, en vue d'implanter un centre de traitement des enfants tuberculeux de familles riches. Dans l'esprit de ces promoteurs, il s'agit d'attirer régulièrement ces familles et de les inciter à investir. A cette fin, un réseau d'avenues est établi, tandis que Monsieur Pavie multiplie les nouveautés techniques sur son lotissement: Conception hardie de l'lnstitut Marin, implantation d'un service postal et télégraphique, le premier de la station, d'une usine électrique (1900), d'un tramway à pétrole reliant les Stations de la baie. Les villas ne tardent pas à proliférer. L'Institut Marin se transforme bientôt en Palace (1902) près duquel on crée un Casino en 1904. Avec l'implantation d'un autre établissement hôtelier de luxe en 1908, le quartier Pavie prend rapidement un caractère mondain qu'il ne perdra pas. |
LE GRAND ESSOR
La premiere guerre mondiale qui arrête toute activité
touristique pendant cinq ans a des répercussions inattendues
en Presqu'ile Guérandaise. Celle-ci étant pendant
cette période un centre important de débarquement,
de garnison et de repos des alliés, elle connaît
les années suivantes un afflux considérable de touristes
anglo-saxons, ainsi que le traduit l'appellation des nouveaux
hotels (Cecil - Morgane - Select etc...). Cet afflux étranger
est renforcé par le désir des Français de
se détendre après des années d'épreuve.
Le phénomène touristique s'amplifie donc, orienté
à La Baule par trois personnes: Messieurs André,
Lajarrige et Pavie. Le premier intervient essentiellement dans
le lotissement de la Société foncière (anciennement
des Instituts) dont il renforce la caractère mondain. Il
prend d'abord en concession pour vingt ans, en 1920, le Casino
qu'il transforme et autour duquel il fait aménager des
commerces de luxe. Il crée ensuite deux nouveaux palaces
et implante des équipements sportifs de qualité:
Tennis de l'Interclubs, école d'équitation, tir
aux pigeons, golf 18 trous du Pouliguen.
L'action de Monsieur Lajarrige est différente ; elle vise
essentiellement à densifier le tissu urbain en étendant
la station au Bois d'Amour. Pour cela, cet homme d'affaires parisien
achète en 1921, à la Société des Dunes,
cet ensemble qu'il aménage et lotit. Parallèlement,
il obtient le détournement vers l'intérieur de la
voie ferrée qui de Pornichet à La Baule, longeait
la côte et bloquait ainsi le développement du tourisme.
La nouvelle station, La Baule-les -pins, s'organise autour d'une
place centrale, en étoile, la Place des Palmiers et d'une
artère la reliant à la gare et à la mer,
l'avenue des tilleuls, l'avenue commerçante. RECESSION ET RENOUVEAU
La crise de 1929 frappe la station de La Baule. Les investissements
prévus sont irrémédiablement suspendus. le
tourisme international disparaît complètement. |
















































